| Shozo MICHIKAWA |
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Quand on regarde de belles céramiques, on peut apprécier ces objets de différentes façons, outre la beauté de leur forme, on peut regarder leur texture, la qualité de leur émail, leur équilibre, leur couleur, et le raffinement qui en font leur grâce.
Quand on regarde mes pièces en céramique, j’espère qu’on aime autant les éléments intrinsèques que l’aspect extérieur. Nombre de mes œuvres comportent des torsades aussi bien verticales qu’horizontales. Ces torsades sont un élément essentiel de mon travail. Ce que je veux dire par torsade ? Imaginez, si vous voulez, le swing d’un joueur de golf professionnel qui tord son corps au moment de l’impact afin de faire voler la balle plus loin. De la même façon, je donne un effet plus énergique à mes pièces en ajoutant cet effet de torsion. Céramique en japonais se dit « yakimono » qui est le mot employé pour signifier la phase finale de la cuisson d’un four. Dans le four, la température atteint parfois 1200 à 1300 ° C ce qui fait passer les pièces en céramique de la couleur rouge à la couleur blanche. C’est très similaire à la lave en fusion qui est déversée par un volcan en éruption. On pourrait, d’une certaine manière, apparenter l’intérieur d’un four à un petit monde naturel et en conséquence l’énergie de la nature pourrait être contenue dans ces céramiques. L’été dernier, j’étais interviewé par un magazine alors que mes pièces étaient exposées dans une galerie à Londres. Le journaliste disait : » vos pièces sont pleines d’énergie comme si elles étaient projetées avec la lave d’un volcan. » J’ai immédiatement répondu : « j’ai grandi dans une ville au pied du volcan du mont Usu, Hokkaido, qui est toujours très actif à ce jour. Il est possible que des images mentales de ma jeunesse se reflètent dans mes pièces. « L’énergie de la nature est vraiment immense. Peu importe comment la science et notre civilisation se développent, l’humanité est impuissante face aux forces de la nature telles que typhons, tremblements de terre, tsunami et autres éruptions de volcans. Je pense que c’est la raison pour laquelle les mains de l’ homme n’égaleront jamais la force des œuvres créées par la nature comme par exemple les dessins formés par les vents dans les sables du désert ou une falaise majestueuse qui surplombe l’océan. Mes propres créations sont directement inspirées des phénomènes de la nature même celles qu’on peut voir dans la vie de tous les jours. Dernièrement j’ai rassemblé plusieurs sensations quotidiennes : juste en changeant la façon de voir les choses : quand je mange une mangue, ou lorsque je ramasse une pigne de pin en promenant mon chien dans les bois ou en marchant dans une forêt de bambous. Mon objectif est que lorsque je prends quelque chose de la nature, les gens soient capables de le percevoir en voyant mes pièces et puissent sentir eux aussi l’énergie qui s’en dégage. La plupart des japonais savent que les céramiques chinoises, d’ailleurs nommées « china » en anglais, ont été introduites au Japon il y a plus de 1300 ans et que cet art venu de Chine, principalement concentré dans la région de Seto, est à l’origine du développement des céramiques japonaises. Ces œuvres sont passées de main en main et ont traversé les âges ; maintenant, grâce à l’exposition de mes pièces en Chine, elles reviennent en Chine .C’est donc un grand honneur qui m’est fait et j’en éprouve un immense plaisir car le fait que les céramiques d’un artiste japonais soient exposées en Chine marquera les pages de l’ histoire de la céramique. Pour les œuvres de Shozo Michikawa on parle de HAIKU en terre :
« Ma partenaire est la Nature elle-même et j’ai besoin de me sentir bien avec elle, sinon le résultat serait insatisfaisant. Tout ce que je fais dans le processus, c’est juste de donner un petit coup de main à ce qui arrive à la terre pour l’aider à aller dans le sens où elle veut aller. » retour aux artistes |
